Genre : Animation, familial
Durée : 100’
Acteurs : Pierre Niney, Igor Gotesman, Jean-Pascal Zadi, Benoît Cauden, Doully, Alice Belaïdi...
Synopsis :
Les méchants ont du mal à trouver la confiance et l’acceptation dans leur nouvelle vie de gentils, lorsqu’ils sont sortis de leur retraite et forcés de faire « un dernier travail » par une escouade de criminels entièrement féminine.
La critique de Julien
Trois ans déjà que DreamWorks Animation a fait confiance au frenchy Pierre Perifel pour "Les Bad Guys", centré sur un gang d’animaux mené par le pickpocket M. Loup, tentant alors de se racheter une conduite après avoir été manipulé par un philanthrope corrompu, le professeur Marmelade – le véritable méchant de l’histoire. Le groupe finissait par assumer sa nouvelle identité de héros, prouvant que l’on peut changer malgré les préjugés et l’image que la société nous colle. Vaguement basé sur la série de livres australiens pour enfants du même nom signée Aaron Blabey (2015), le film avait trouvé son public, davantage à l’international (153 millions de dollars de recettes) qu’à domicile (97 millions), pour un budget de production de 70 millions. Bref, de quoi engendrer une suite. Après avoir collaboré sur le court-métrage "Bilby" (2018), Pierre Perifel et JP Sans s’associent ici pour l’animation de ce sequel, qui reprend là où les événements précédents s’étaient arrêtés – à l’exception d’une introduction remontant cinq ans plus tôt, lorsque les Bad Guys volaient un prototype de voiture au Caire et s’étaient convaincus de ne plus jamais rien conduire d’autre. Mais ça, c’était avant la case prison… et leur difficile réinsertion dans la société.
Des good guys a̶c̶c̶u̶e̶i̶l̶l̶i̶s rejetés par la société, pour une nouvelle occasion de briller
Confrontée à un retour brutal à la réalité, l’équipe d’ex-méchants peine donc à se faire accepter dans la société et à trouver un emploi, leur passé criminel continuant de les poursuivre. Déterminés à prouver leur bonne foi et à regagner la confiance du public et des autorités, ils s’engagent alors dans une nouvelle mission. Sauf qu’ils tomberont dans un piège savamment tendu par un groupe de criminelles endurcies, bien décidées à réaliser le casse du siècle depuis l’espace. M. Loup et sa bande devront faire preuve d’ingéniosité, de solidarité et de courage pour retourner la situation, pour peut-être, enfin, gagner l’attention et le respect qu’ils méritent. L’heure est donc à la transition dans cette suite, elle qui gagne en profondeur narrative vis-à-vis de son modèle. En effet, toujours aidé par Yoni Brenner, l’écriture d’Etan Cohen gagne clairement ici en enjeux, les héros anthropomorphes étant plongés dans un véritable pétrin, pris au piège d’une manipulation et d’un chantage habilement montés par Mistigri et ses complices, desquels ils vont devoir se relever. Sans temps mort et riche de péripéties, "Les Bad Guys 2" s’apprécie dès lors pour l’intrigue plus dense – et toujours aussi espiègle – qu’il nous présente, après les présentations convenues du premier opus, donnant ainsi à ses héros retors l’occasion de briller (par leurs frasques) et de montrer qu’ils ont plus d’un tour dans leur sac. Une touche d’émotion inattendue s’invite même ici, prouvant un développement plus empathique des personnages. Autrement dit, si le côté déluré, effréné des aventures à caractère enfantin des guys – misant énormément sur le divertissement – devrait davantage plaire aux enfants qu’aux parents, on salue les efforts fournis, pour un moment à partager certainement en famille.
Un visuel cartoonesque loin d’être bad
Produit pour 10 millions de dollars supplémentaires, "Les Bad Guys 2" gagne également en relief dans son animation, avec des décors nettement plus ambitieux à la clef. En effet, en plus de ne jamais faire du surplace, cette nouvelle enquête envoie les héros dans l’espace, et réussit pour le coup à y injecter leur propre univers. Quelques autres séquences étonnent également, notamment lorsque M. Loup et ses amis se retrouvent poursuivis par une horde d’agents de sécurité sous les ordres de l’hystérique - mais attachante - Misty Luggins, chef de police humaine promue commissaire, après avoir été accusés à tort. Le doublage francophone (Pierre Niney en tête), le travail sur les expressions des personnages, sur les textures, ou encore la palette de couleurs bien plus riche, font également de cette suite une sympathique réussite. L’ensemble offre dès lors une ampleur visuelle en accord avec l’élargissement de ses enjeux narratifs. Enfin, l’humour (jamais vulgaire) du premier opus reste intact. Ainsi, si les héros accomplis évoluent dans leur mission, et mûrissent en tant que groupe, leurs peurs et leurs maladresses, elles, demeurent inchangées, ce qui fait aussi leur charme et la continuité comique du film, et amusera définitivement la galerie. Bref, une franchise qui, si elle manquait jusque-là de personnalité et d’envergure, est en nette évolution. Et tandis que les portes à un troisième volet s’ouvrent à l’issue du film, on est plus que curieux de voir si sa réception mondiale sera good, ou bad...
