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CINECURE
L’actualité du cinéma

Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews sur la radio RCF Bruxelles (celle-ci n’est aucunement responsable du site ou de ses contenus et aucun lien contractuel ne les relie). Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques et en devient le principal rédacteur depuis 2022.

Frédéric Sojcher
Le cours de la vie
Date de sortie : 10/05/2023
Article mis en ligne le 21 mars 2023

par Charles De Clercq

Synopsis : Noémie retrouve Vincent, son amour de jeunesse, dans l’école de cinéma dont il est désormais directeur. A travers une masterclass hors norme, elle va apprendre à Vincent et ses élèves que l’art d’écrire un scénario c’est l’art de vivre passionnément.

Acteurs : Agnès Jaoui, Jonathan Zaccaï, Géraldine Nakache, Nasstasja Sojcher

Le cours de ma vie a fait que j’ai cessé mes activités de critique cinéma pour RCF et que je cède la "plume" principale à Julien sur ce site, initialement adossé à mes émissions cinéma en radio. Mais à défaut de critique au sens classique, je vais rendre compte de ma réception de ce film, comme pour d’autres, rares, pour lesquels j’aime à laisser une trace. Pour Le cours de ma vie, le film bien sûr, ce sera également le cas. C’est que j’avais eu le plaisir de recevoir le réalisateur Frédéric Sojcher dans l’émission Les quatre sans coups, en débat avec Guillaume Richard, le fondateur de La Revue belge du cinéma (Le Rayon vert). Le débat sur le thème Survivre dans le septième art se faisait à partir du livre Je veux faire du cinéma. Une émission un peu particulière, au format inhabituel, car nous étions toujours liés par les contraintes COVID ! L’auteur est donc non seulement réalisateur, mais également écrivain et universitaire belge. Il enseigne à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Je suivais sur sa page Facebook l’avancement progressif de son dernier projet de film, jusqu’à ce que celui-ci se concrétise. Ne pouvant me rendre au festival du film d’amour de Mons, qui se nomme désormais Love International Film Festival Mons, où il était projeté, j’ai pu voir un film grâce à un lien de projection. Ce n’est pas la meilleure façon de voir un film, soit sur une TV ou un écran d’ordinateur , mais dans mon cas, avec une installation Home Cinéma de qualité, j’étais, en principe, dans de très bonnes conditions pour voir un film que j’attendais avec impatience et dont j’attendais beaucoup !

Beaucoup trop peut-être ! Et pourtant, à l’arrivée j’avais vécu et découvert une véritable "leçon de cinéma". Le chemin fut rude, le chemin du spectateur donc, pas celui du réalisateur, même si je suis conscient de ses luttes pour défendre le cinéma, et probablement hors des sentiers balisés de ce qui trouve grâce aux yeux de ceux qui financent ! Ce texte-ci est lancé sur le site comme témoignage d’une expérience et d’un combat avec le film de Frédéric et, ce sera donc plutôt un retour d’expérience, un état d’âme sur les émotions suscitées par ce film dont la forme est importante, autant que le fond. C’est que le format de l’image varie au gré des séquences ou scènes du film. Pendant la première demi-heure je me suis demandé où le réalisateur voulait en venir. Je pense que des considérations très pratico-pratiques de "protection" du film contre le piratage : un énorme logo du distributeur et mon adresse courriel en haut de l’image ont parasité celle-ci. La pureté du cadre voulu par le réalisateur en était altérée. J’ai mis le film en pause et j’ai été tenté d’abandonner. Et je suis heureux, finalement, d’avoir tenu bon et repris la vision du film.

J’ai toujours aimé les mises en abyme et, d’une certaine façon, le film surfe sur ce registre. A la fois parce qu’il sera question d’une leçon de cinéma par la médiation de l’écriture d’un scénario et que ce faisant il est donné au spectateur du film de découvrir une telle leçon grâce au cours qu’il nous est donné à voir, mais aussi parce que dans, l’intrigue du film, dans l’initiation à l’écriture des passerelles se font entre les protagonistes, leur "vie réelle" (enfin, celle de leur personnage !) et le cours, Noémie la professeure invitée (excellente Agnès Jaoui) et Vincent, le directeur (notre compatriote Jonathan Zaccaï) ! Si le film se "joue" dans le "cadre" de la salle de cours, il "joue" également sur le cadre de l’image, parce qu’il nous est donné à voir certaines scènes à travers l’objectif d’une caméra qui filme la leçon (de cinéma !). Il faudra cependant sortir du cadre du cours, pour le réintégrer ensuite, enrichi de ce qu’apporte la pause, mais aussi pour donner à voir et à connaître quelque chose de plus intime qui relie Noémie et Vincent, qui les lie et délie à la fois d’un passé qui n’a pas donné sa chance aux potentialités qu’il permettait, un passé qui a échoué, de l’échec, au sens premier, mais aussi qui échoue, comme les débris de la mer amenés sur la plage par le ressac !, et qui amènera au récit, une lettre inconnue car jamais lue et dont la fiction de Frédéric Sojcher permettra au spectateur (omniscient dans le cas présent) d’entendre les mots qui auraient pu changer la vie des deux protagonistes. Des mots qui pourront le plonger dans une émotion qui donnera sens au cours de la vie de Vincent et de Noémie, de ce qui aurait pu être et ne l’a pas été... En cela, le réalisateur (qui offre même des moments d’humour - la scène de la nappe à découvrir absolument ! ; la musique de Vladimir Cosma... jusque dans les sonneries de GSM !) offre donc une véritable leçon de cinéma : dans la forme du film lui-même, dans son intrigue, puisque cette leçon en est à la fois objet et sujet, mais aussi dans ce qu’il donne au spectateur : pouvoir vivre une tendresse et une mélancolie qui fait du bien, qui donne à penser ce qui aurait pu être et à pouvoir vivre ce qu’il est advenu du passé, des lettres (ce n’est qu’un exemple) qui n’ont pas été envoyées, pas été lues...

Il est cependant une chose qui me marquait durant le film, dans la salle de cours. C’était comme si les acteurs et actrices qui jouaient le rôle des élèves habitaient leur personnage. Comme si le réalisateur leur avait fourni le roman de l’histoire de leur personnage afin qu’ils habitent et incarnent celui-ci ! Comme si les acteurs avaient compris et intégré toutes les relations entre les protagonistes de la classe. Ce n’est qu’au générique que l’on découvre que ceux-ci sont élèves du réalisateur. Alors que ceux-ci aient joué complètement le rôle assigné par le scénario, ou qu’ils aient "contaminé" leur personnage par leur propre parcours, leur identité et personnalité, par les interactions entre eux et le réalisateur durant l’année... peu importe, car, d’une certaine façon, en amenant à la barre des jeunes qui sont, on le suppose, passionnés de cinéma, qu’il puisse les intégrer dans le film (et se jouant peut-être ainsi des contraintes financières) Frédéric Sojcher ajoute une nouvelle leçon de cinéma pour ses acteurs, une leçon "en acte" d’une certaine manière, mais aussi pour nous qui sommes, d’une certaine façon, partie prenante de cet auditoire qui s’affranchit des murs de la classe pour en ouvrir un autre sur la Toile.



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