Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma

Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews sur la radio RCF Bruxelles (celle-ci n’est aucunement responsable du site ou de ses contenus et aucun lien contractuel ne les relie). Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques et en devient le principal rédacteur depuis 2022.

Les critiques de Julien Brnl
The Glass Castle (Le château de verre)
Réalisateur : Destin Daniel Cretton
Article mis en ligne le 18 octobre 2017

par Julien Brnl

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 27 septembre 2017

Signe(s) particulier(s) :

  • inspiré de l’histoire vraie de la chroniqueuse mondaine Jeanette Walls, d’après son propre roman autobiographique "Le Château de Verre" ;
  • Jennifer Lawrence était un tant soit peu convoitée pour le rôle de Jeanette, avant qu’il ne soit finalement destiné à l’actrice oscarisée Brie Larson ;
  • la ressemblance avec "Captain Fantastic" (2016) de Matt Ross est, d’extérieur, inévitable, bien que les deux récits, au-délà du road trip, du thème de l’éducation et des relations familiales, soient bien différents.

Résumé : Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine à New-York, a tout pour réussir et personne ne peut imaginer quelle fut son enfance. Elevée par un père charismatique, inventeur loufoque qui promet à ses enfants de leur construire un château de verre mais qui reste hanté par ses propres démons, et une mère artiste fantasque et irresponsable, elle a dû, depuis son plus jeune âge, prendre en charge ses frères et sœurs pour permettre à sa famille dysfonctionnelle de ne pas se perdre totalement. Sillonnant le pays, poursuivis par les créanciers, et refusant de scolariser leurs enfants, les Walls ont tout de même vécu une vie empreinte de poésie et de rêve, qui a laissé des marques indélébiles mais qui a créé des liens impossibles à renier.

La critique

Il y a des films qui vous laissent, comme ça, mine de rien, des marques indélébiles dans la tête, en parlant de la vie, de ses rêves, et de ses réalités, ainsi que de l’importance de la famille. Adapté du roman autobiographique de Jeanette Walls, "Le Château de Verre" est de ceux-là.

Faisant écho au "Captain Fantastic" de Matt Ross, dans lequel Viggo Mortensen interprétait un père de famille veuf élevant ses six enfants à son éducation (hors-système), "Le Château de Verre" en est une version plus dense, plus psychologique, donnant énormément d’importance à la relation père-fille, et donc du regard de cette dernière sur son père. Alors que le personnage de Viggo Mortensen élevait ses enfants à la dure, celui de Woody Harrelson ne cherche ici qu’à fuir les créanciers, et montrer à ses enfants toute l’importance des vraies choses dans la nature, ne se préoccupant pas forcément de leur éducation. Alors oui, il est aussi question d’un road trip, mais les raisons en sont ici toutes autres. C’est pourquoi la ressemblance avec ce film s’arrête ici, tant "La Château de Verre" tend vers une autre voie.

Dans ce film adapté d’un roman autobiographique, il est donc question de l’histoire de Jeanette Walls, fille de Rex Walls et de Rose Mary Walls, un couple de nomades ne répondant pas tout à fait à leurs devoirs de parents. Avec ses deux sœurs et son frère, ils n’ont cessé de vivre au rythme de leurs parents, parcourant le pays à la recherche d’un endroit où habiter, fuyant les créanciers dès qu’ils les rattrapaient.
Le père de famille est ici interprété par Woody Harrelson, qui nous offre à lui seul une partition qui nous renverse. Il est certes un père irresponsable, porté sur la bouteille, utopiste, colérique, mais il est surtout un homme qui n’a jamais cessé de faire croire à ses enfants en un monde de rêves. D’ailleurs, le titre du film tire son nom du palais de verre que ce père leur avait toujours promis, jusqu’au moment où ils fussent assez grand pour comprendre que les fondations de celui-ci ne resteraient qu’un trou à ordures... C’est aussi un père qui faisait comprendre à ses enfants l’importance de suivre son instinct, et ne pas se cacher derrière des idées préconçues, et ses peurs. Et cela, peu importe la manière, comme le montre une scène assez dure et forte du film, où Rex balance sa fille dans l’eau pour lui apprendre à nager, et surtout lâcher le bord, afin de ne jamais se faire couler (par autrui). Traumatisé par des souvenirs d’enfance, le personnage de Woody Harrelson ne laisse pas le spectateur indifférent, tant ses actes et paroles, aussi extrêmes soient-ils, reflètent un personnage incroyablement touchant.

Naomi Watts incarne quant à elle la mère de famille, tout aussi irresponsable, mais tout de même un peu plus réfléchie au niveau de la situation vécue par ses enfants. Cependant, elle les laisse se faire à manger eux-mêmes, pendant qu’elle peint des tableaux à longueur de journée (faut-il encore qu’il y ait quelque chose à manger dans le frigo, dans une maison sans électricité).

Mais le personnage central ici, c’est bien celui de Jeanette, incarnée par Brie Larson, puisqu’il est avant tout question ici de sa propre vision de l’histoire. Elle y joue une fille qui a toujours cru en son père, malgré ses déboires, mais jusqu’au moment où ses promesses firent non tenues, et où, à partir de là, son regard changea vis-à-vis de son père.

"Le Château de Verre" tire, d’une part, sa force de ses dialogues, d’une justesse folle, qui en disent suffisamment pour vous émouvoir, et, d’autre part, de ses acteurs et de leur jeu de regard, qui en disent également bien assez pour en deviner et comprendre toutes leurs émotions, qu’elles soient heureuses ou non. Bien qu’on soit vraiment à un niveau d’interprétation très puissant, c’est l’histoire en elle-même et les rapports qu’elle installe entre ses protagonistes qui rendent ce film si pertinent dans son genre.

Maintenant, et étant donné qu’il s’agit de l’adaptation d’un roman, on ne peut que constater le caractère nuancé des propos, afin d’atteindre leurs buts, ce qui a tendance à fausser, notamment, les gestes du père, par toujours tendres, voire pardonnables. De plus, on reste parfois confus des réactions du personnage de Jeanette face à cette situation, qui peuvent changer du tout au tout, comme le comportement de son père.

Bande-annonce :
<13511>

Lien vers la critique de Cinécure



Au hasard...

Pauvres Créatures (Poor Things)
le 8 février 2024
Jurassic World 2 : Fallen Kingdom
le 17 juin 2018
L’Origine du Monde
le 11 octobre 2021
Barbie
le 25 juillet 2023
La Plus Belle Pour Aller Danser
le 21 juin 2023
Le Grand Cirque
le 28 février 2023
En Avant (Onward)
le 7 mars 2020
Premier de la Classe
le 12 août 2019
Ant-Man et la Guêpe : Quantumania
le 20 février 2023
Sauvages
le 23 octobre 2024
De Gaulle
le 20 juillet 2020
UglyDolls
le 9 août 2019
The Greatest Showman
le 9 janvier 2018
En Guerre
le 10 juin 2018
Drôles de Chiens / Show Dogs
le 10 juillet 2018
La Nonne 2 : la Malédiction de Sainte Lucie (The Nun II)
le 16 septembre 2023
Maryline
le 25 novembre 2017
Normandie nue
le 23 avril 2018
M
le 10 décembre 2017
Chamboultout
le 20 avril 2019
Mentions légales Espace privé RSS

2014-2026 © CINECURE - Tous droits réservés
Haut de page
Réalisé sous SPIP
Habillage ESCAL 5.2.1